THE CÔTE D’IVOIRE CRISIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Luc DENIZOT

Cristoforo BIONDI

 

 

 

 

WEB REVIEW

IEP Aix en Provence 2005


INTRODUCTION

 

 

 

The crisis that Côte d’Ivoire is crossing through since a few years cannot be understood in a simply partisan logic. Besides there are many actors in this conflict what makes it very complex:

 

Ø     Ivorian State is since 2000 legislative and presidential elections governered by the FPI of Laurent Gbagbo (historian and now President of Ivorian Republic) of which party Mamadou Koulibaly (economist and President of Parliament) and Charles Blé Goudé (President of the Young Patriots who support often violently the government).

 

Ø     The political opposition dominated by the PDCI of Henri Konan Bédié (former President ousted during the December 1999 military putsch and excluded of the last elections) and the RDR of Alassane Ouattara (former Prime Minister during the last three years of the Houphouët-Boigny Presidency from 1990 to 1993 and excluded of the elections of 1995 and 2000, because of the presumed Burkinabè origin of his father and so in the 1994 electoral code context)

 

Ø     The military opposition which controls, since September 2002, the North of the country and leaded by Guillaume Soro (former leader of the FESCI, the student trade-union movement, now leader of the MPCI, the political branch of the rebellion, and near to the RDR) and the West since November 2002. It’s very difficult to know who leads and finances secretly this rebellion (Alassane Ouattara, the RDR, Burkina Faso and France are suspected but without any categorical evidences).

 

Ø     The United Nations and France military forces deployed at the beginning of the rebellion. Peace agreements were ratified in Paris between all the parties in January 2003. The fights take up again in November 2004 with French interventions against the FANCI (the Ivorian army).

 

A chronology very detailed, make by Bernard Conte (Researcher at the Centre d’Etudes de l’Afrique Noire at Bordeaux) is online at http://conte.u-bordeaux4.fr.

 

In a historical perspective, the Web Review will apply oneself, in a first part, to show the representations of the conflict by the mass medias, with the analyse of the BBC News dossier of the Côte d’Ivoire crisis. In a second part, the outlines of the Ivorian-ness concept will be bring out. At last, in a third part the economic and neo-colonial roots of the  crisis will be underline.

 

[La crise que connaît la Côte d’Ivoire depuis plusieurs années ne peut être comprise qu’en sortant des logiques partisanes. D’ailleurs les acteurs sont relativement nombreux pour ce type de conflit ce qui en rend l’appréhension difficile :

Ø      L’Etat ivoirien est depuis les élections présidentielles et législatives de 2000 gouverné par le parti FPI de Laurent Gbagbo (historien et Président) dont les personnalités de base sont Mamadou Koulibaly (économiste et Président de l’Assemblée Nationale) et Charles Blé Goudé (Président des Jeunes Patriotes qui soutiennent parfois violemment le gouvernement).

Ø      L’opposition politique dominée par le PDCI de Henri Konan Bédié (ancien Président de la République évincé lors du coup d’Etat militaire de décembre 1999 et exclu des élections de 2000) et par le RDR d’Alassane Ouattara (ancien Premier Ministre de 1990 à 1993, exclu lui aussi des élections de 1995 et 2000 au prétexte, dans le cadre du code électoral de 1994, de l’origine présumée burkinabè de son père).

Ø      L’opposition armée contrôlant depuis septembre 2002 la moitié Nord du pays et dirigée par Guillaume Soro (ancien dirigeant du mouvement syndical étudiant, secrétaire général du MPCI et proche du RDR) et l’Ouest depuis novembre 2002. Il est difficile de savoir qui dirige et finance en sous-main cette rébellion armée (Ouattara, le RDR, le Burkina Faso et la France sont soupçonnés mais sans preuves formelles).

Ø      La force armée d’interposition des Nations Unies et de la France déployée dès les premiers jours de la rébellion armée. Des accords de paix ont été signé entre toutes les parties en janvier 2003. Reprise des combats, en particulier avec intervention des Français, en novembre 2004.

Une chronologie très détallée, établie par Bernard Conte (Chercheur au Centre d’Etudes sur l’Afrique noire de Bordeaux) est disponible à http://conte.u-bordeaux4.fr

 

Dans une perspective historique, la Web Review s’attachera dans une première partie à montrer les représentations du conflit données par les médias en analysant le dossier de BBC News puis dans une deuxième partie à dégager les contours du concept d’ivoirité et enfin dans une troisième partie à mettre en évidence les racines néo-coloniales et économiques de la dégradation des conditions socio-économiques qui sous-tendent le conflit.]

 

 

 


 

La Côte d'Ivoire

http://www.izf.net/izf/Documentation/Cartes/Pays/supercartes/cotedivoire.htm
I. The chain of the social and political violence

 

 

 

Ivory Coast in Crisis

 

By the BBC World Service

 

Presentation

 

BBC News has put on line an imposing press pack about Ivorian crisis. This press pack is composed of different articles dealing with political, social and economical dimensions of the Ivorian civil war.

Beyond the description of the events, these articles are indicative of the way in which occidental medias report and deal with news. Not only a lot of approximations and mistakes are made but the worst of all is that the slanted choice of reported events and advanced explanations distorts the reality and generates false representations.

 

[BBC News a mis en ligne un gros dossier sur la crise ivoirienne. Ce dossier est constitué de plusieurs articles abordant les dimensions politiques, sociales et économiques de la guerre civile et des violences.

Au-delà des faits (réels) rapportés et analysés, cet ensemble d’article est révélateur du traitement de l’information par les grands médias occidentaux. Non seulement un très grands nombres d’approximations et même d’erreurs entachent ces analyses mais plus grave, le choix et la hiérarchisation des faits rapportés ainsi que la focalisation sur certaines explications récurrentes de la part des analyses entraînent une déformation de la réalité et contribuent à la formation de représentations et de clichés préjudiciables au lecteur.]

 

Commentary

 

1. Hatred between ethnic groups in western Ivory Coast

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/3496069.stm

 

By Lara Pawson (18/02/2004)

 

In this report (made up of four interviews: two Ivorians of the guéré ethnic group, a Burkinabè farm labourer and an Ivorian plantation owner), the violence is presented like the fruit of an irrational hate between Guérés and Burkinabè and like damageable for the plantations and then for the local and national economy. But economical and socio-political causes are completely neglected by the report.

 

[Dans ce reportage (quatre interviews : deux de Guérés dont l’un est maire d’un village et pour l’autre on ne sait pas, un autre est ouvrier agricole burkinabe et le quatrième est un planteur du ventre installé dans le pays guéré au S.O. de la Côte d’Ivoire mais employant uniquement des Burkinabe) la violence est présentée uniquement comme le résultat d’une haine, apparemment irrationnelle entre les Guérés et les Burkinabe et comme dommageable pour l’économie de plantation au grand désespoir du planteur. Les facteurs économiques et socio-politiques des violences sont totalement ignorés.]

 

2. Ivory Coast’s cultural divide

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/3901939.stm

 

By James Copnall (17/07/2004)

 

In this analysis, the correspondent try to demonstrate the purely ethnical characteristic of the armed rebellion in front of the Ivorian government ethnical and nationality policy. Neglecting the complexity of the ethnical mosaic in the North, the article is content with an improper association of different populations to make the demonstration easier. The reality is a little more complex. For example, Dioula, Malinke, Bambara belong to the linguistic mande family whereas Senufo, Lobi, Kulango and Burkinabè (mainly Mossi) belong to an other group (the Gur ou Voltaïc family).

How classify for example, Guillaume Soro, New Forces leader, who is Senufo and Christian wherea we use to present the Northerners as Muslims and Dioulas. And what about Mamadou Koulibaly, President of Ivorian Parliament and Gbagbo’s economic right-hand man, who came from the North and is Muslim ?

 

[Dans cette analyse, le correspondant de la BBC cherche à démontrer le caractère purement ethnique de la rébellion armée face à une politique purement ethno-nationaliste du gouvernement ivoirien. Face à la mosaïque ethnique du Nord, il s’accommode d’un regroupement abusif de plusieurs populations différentes pour les besoins de la démonstration. Certes Dioula, Malinké et Bambara sont de la même famille linguistique mandé (encore qu’assez différents les uns des autres) mais que dire des Sénoufo, des Lobi, des Koulango et des Burkinabe qui sont principalement Mossi !

Comment classer dès lors Guillaume Soro, le leader des Forces Nouvelles (rébellion armée), qui est Sénoufo et chrétien bien loin du cliché du Nordiste présenté invariablement comme Dioula et musulman ? Inversement que dire de Mamadou Koulibaly, le Président de l’Assemblée Nationale et l’économiste du gouvernement Gbagbo, musulman du Nord mettant à mal non seulement une vision ethniciste mais aussi régionaliste du conflit ?]

 

 

 

3. France’s Ivorian quagmire

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/3993265.stm

 

By Henri Astier (08/11/2004)

 

France is presented like a neutral power preventing a potentially bloodthirsty confrontation. The events of last November are reported in this perspective. France cannot be guilty. Hostilities have been bunched by Ivorian irresponsible leaders. The Ivorian government discourses denouncing the French neo-colonialism is mocked and Patriots are presented like savage hordes which have for only aim to rape French women and to loot French people living in Ivory Coast for decades.

Nothing is said on this community which with the Lebanese one gathered 50 000 persons and which controlled 60% of the Ivorian economy.

 

[La France est  présentée comme une force neutre empêchant un affrontement potentiellement sanguinaire puisque d’origine ethnique. Les évènements de novembre 2004 sont traités en conséquence : les Français ne peuvent être coupables, les hostilités ont été déclenchées par les dirigeants ivoiriens irresponsables. Le discours tiers-mondiste du gouvernement ivoirien est raillé et les Patriotes sont présentés comme des hordes sauvages, des « gangs » obsédés à l’idée de piller et de violer les Français installés à Abidjan depuis des décennies.

Rien n’est dit sur cette communauté qui avec la communauté libanaise représentait à la fin des années 90, 50 000 personnes et qui contrôlait 60% de l’économie.]

 

4. Profile: Laurent Gbagbo

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/3992513.stm

 

By Beatrice Murail (08/11/2004)

 

It’s legitimate to point the ethnical and nationalist drifts of Gbagbo’s policy, but we cannot claim that opposition and armed rebellion fight only against this undemocratic and racist policy because we cannot ignore the ideological and geopolitical dimensions of this conflict.

Actually what mainly embarrasses France which has never failed to support dictators like Eyadema, Biya or Bongo for example, is the calling into questions of the economic privileges reserved for French since the independence and the Ivorian socialist vague desires to create a Welfare State.

About it, nothing is said here about links that Gbagbo contracted with the French socialist party when he was exiled in Paris during the 80’s.

 

[Il est légitime de pointer les dérives ethno-nationalistes de Laurent Gbagbo mais expliquer que l’opposition, la rébellion armée et les Occidentaux luttent uniquement contre cette politique anti-démocratique et raciste, c’est ignorer les dimensions idéologiques et géopolitiques du conflit.

En coulisse, ce qui gêne principalement la France, qui n’a jamais faibli dans son soutien aus dictateurs Eyadema, Biya ou Bongo par exemple, c’est la remise en cause des privilèges économiques accordés aux Français après l’indépendance, et les volontés socialisantes de la part de Gbagbo de créer un Etat-Providence.

A ce propos, rien n’est dit sur les liens très forts existant entre Laurent Gbagbo et le PSF noués durant son exil à Paris dans les années 80.]

 

5. Eyewitness: Ivory Coast terror

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/3567349.stm

 

It’s important to publish testimonies of people having taken part or suffered the events. The presentation of an interview without commentaries is very rare in medias and we can question this choice.

The witness relates the violence perpetrated against his family and his obligation to leave the country. Nevertheless his testimony contains a beginning of explanation of violence: his whiteness. Behind this testimony, we can then be certain that events of last November can only be the result of Gbagbo’s supporters racism.

Not only no comment is made about this explanation which we can then considerer as admissible but more the social professional status of this witness, his way of life, the fact his French nationality despite of his birth in Côte d’Ivoire, the fact of his children attend French school are silencied.

 

[Il est important de publier des témoignages de témoins ayant participé (ou subi comme c’est le cas ici) aux évènements. Une présentation sans commentaires d’un interview est très rare dans les médias et on peut s’interroger sur les raisons de ce choix.

Le témoin raconte les violences commises contre sa famille et son obligation de quitter le pays. Cependant son témoignage comporte un début d’explication des violences : le fait qu’il est Blanc. Les évènements de novembre 2004 sont donc bel et bien le fait du racisme généralisé des partisans de Gbagbo.

Non seulement aucun commentaire n’est fait sur cette explication laissant entendre qu’elle est recevable mais de plus il n’est jamais question du statut socioprofessionnel de ce témoin, de son style de vie, du fait que bien qu’étant né en Côte d’Ivoire, il reste un Français et met ses enfants (eux aussi nés en Côte d’Ivoire) dans des écoles françaises.]

 

6. Q&A: Ivory Coast’s crisis

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/3567349.stm

 

This article presents the different reasons explaining the Ivorian conflict and like a real summary of the version diffused by all the occidental mass medias: Gbagbo is presented like intransigent and manipulation, not respecting January 2003 peace agreement ratified in Marcoussis, Paris. Armed rebellion is presented as a mutiny by troops unhappy at being demobilised (forgetting that rebellion leaders come from Burkina Faso where they trained themselves and that the way they are paid is very occult…).

This conflict is again presented like only ethnical and opposing Muslim North and Christian South. At least, according to this version, French are intervened only to protect their 16 000 nationals and violence perpetuated against them by young Patriots have been organized by Gbagbo.

 

[Cet article se présente comme une exposition des raisons du conflit et comme un véritable résumé de la version diffusée par tous les médias occidentaux de la crise ivoirienne depuis deux ans : Gbagbo est intransigeant et manipulateur, ne respectant pas les accords de Marcoussis signé en janvier 2003. La rébellion armée est une mutinerie de troupes furieuses d’avoir été démobilisées (oubliant le fait les leaders des rebelles viennent du Burkina Faso où ils se sont entraînés et qu’ils sont payés de manière assez occulte…).

Le conflit en outre est présenté de manière simplement ethnique entre un Nord musulman et un Sud chrétien. Enfin les Français sont intervenus pour protéger leurs 16 000 ressortissants et les exactions commises par les jeunes Patriotes ont été organisées par Gbagbo.]

 

7. Timeline: Ivory Coast. A chronology of key events

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/1043106.stm

 

A simplified chronology.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

To have two another versions of the Côte d’Ivoire crisis, we can propose

 

8. The Crisis in Ivory Coast by Lansana Gberie at

http://www.zmag.org/content/showarticle.cfm?SectionID=2&ItemID=5769

Z is an independent monthly magazine dedicated to resisting injustice, defending against repression, and creating liberty. It sees the racial, gender, class, and political dimensions of personal life as fundamental to understanding and improving contemporary circumstances; and it aims to assist activist efforts for a better future.

Lansana Gberie is a senior research fellow at the Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre in Accra, Ghana (www.kaiptc.org). A University of Toronto trained historian, his book on the recently-ended war in Sierra Leone, Sierra Leone: Destruction and Resurgence, will be published in London.

9. La grande fatigue des Ivoiriens de Colette Braeckman

http://www.monde-diplomatique.fr/2004/09/BRAECKMAN/11640

 

(and also the extraordinary article by the Senegalese writer Boubacar Boris Diop, Avertissement ivoirien à la “Françafrique”. Fractures dans l’ex-empire colonial, unfortunately not on line)

 

And to have the details of the exactions and violence by both parts :

http://www.hrw.org/reports/2003/cotedivoire0803/

http://www.hrw.org/reports/2002/cotedivoire/

http://www.hrw.org/reports/2001/ivorycoast/

which are the Human Rights Watch Publications about the Côte d’Ivoire crisis.


II. The land and the foreigners : the concept of “ivoirian-ness”

 

 

 

10. Case Study : the Issue of Nationality in Ivory Coast

http://www.bbc.co.uk/worldservice/people/features/ihavearightto/four_b/casestudy_art15.shtml

 

By BBC World Service

 

Summary

 

Although Ivory Coast contains over 60 ethnic groups and several religions, it was long known as a country of ethnic and religious harmony, as well as one of the economic powerhouses of Africa.

In the 1990s, however, Ivorian political leaders adopted a series of measures which denied the possibility of citizenship to immigrants and their children have resulted in the arbitrary arrest, deportation, and even murder, of some foreign nationals.

These tensions eventually led to civil war in late 2002, when military rebellion threw the country into crisis.

The consequences of the hatred between different ethnic groups have continued to devastate the country’s economy.

 

[Bien que la Côte d’Ivoire contienne plus de 60 groupes ethniques et plusieurs religions, elle fut longtemps connue comme un pays d’harmonie ethnique et religieuse, ainsi que comme une des plus importantes puissances économiques d’Afrique.

Dans les années 90, cependant, les leaders politiques ivoiriens adoptèrent une série de mesures qui restreignit la possibilités d’obtenir la citoyenneté pour les immigrés et leurs enfants et à entraîné des arrestations arbitraires, des déportations et même des meurtres de plusieurs étrangers.

Ces tensions aboutirent finalement à une guerre civile à la fin de 2002 quand une rébellion militaire jetèrent le pays dans le crise.

Les conséquences de la haine entre les différents groupes ethniques ont été un désastre pour l’économie du pays.]

 

Commentary

 

This article is interesting to understand the issue of ivoirian-ness. It contains nevertheless some approximations or mistakes. For example, the presentation of the geographical distribution of the different religions is not correct. Indeed there are as many Muslims as Christians as Animists and contrary to the assertion of the author of this article “native Ivorians” are not “generally Christian”. Moreover the usual presentation of the presidency of Félix Houphouët-Boigny as transcending the so-called natural ethnical and religious divisions is very debatable when we know that there are the colonial policies and the neo-colonial policies of Houphouët-Boigny which have precisely generated these divisions. We can add that it’s rather naïve to think that the only source of the deterioration of the social and political situation is the policy set up by his successor Henri Konan Bédié.

The ivorian-ness is an exclusivist definition of the Ivorian nationality. This conception denies the possibility of citizenship to descendants of immigrants what is particularly problematic in a territory so recently constituted and of which the present Burkina Faso has for a long time been apart in which are born many people who are today considered as foreigners in Ivory Coast.

But what is the most serious is that these descendants of immigrants set up by the colonial and post-colonial policies in order to farm and to export Ivorian agricultural wealth are dispossessed of soils which them or their parents had legally acquired a long time ago.

Such nationalism hides the will of recuperation of soils by city dwellers unemployed since the application of the structural adjustment programmes and hides the will of exclusion of Alassane Ouattara, the “dangerous opponent” from the political debate too. Such a situation has inevitably involved social and political violences and even massacres like in Yopougon (district in the North-West of Abidjan) in 28 october 2000.

 

[Cet article est intéressant pour comprendre le problème de l’ivoirité. Malgré quelques approximations (par exemple sur la répartition géographique des religions car il y a autant de musulmans, de chrétiens et « animistes », environ un tiers chacun et les « Ivoiriens de souche » ne sont pas « généralement chrétiens ») et l’habituelle présentation du règne de Félix Houpouët-Boigny comme ayant transcendé les supposés naturels clivages ethniques et religieux (alors même que ce sont les politiques coloniales puis justement houphouëtistes qui ont largement créé ces clivages) et de la dégradation de la situation socio-politique comme ayant pour origine unique la politique de son successeur Henri Konan Bédié.

L’ivoirité se présente comme une définition exclusiviste de la nationalité ivoirienne. A ce titre tout étranger, enfant d’étranger et même petit-enfant d’étranger se voit dénier toute prétention à la citoyenneté ivoirienne, ce qui est particulièrement problématique dans un territoire si récemment constitué et pendant longtemps une partie (le Burkina Faso actuel) était le lieu de naissance de la majorité des étrangers d’aujourd’hui.

Mais ce qui est plus grave, c’est que l’exclusion de la nationalité des enfants d’immigrés (installés par les politiques coloniales et houphouëtistes pour la mise en valeur des exploitations agricoles d’exportation) ne s’arrête pas à la citoyenneté. En effet, par la loi foncière de 1998, les étrangers se voient exclus de toute possession de la terre, même lorsqu’ils l’avaient obtenue légalement des années, voire des décennies auparavant.

Une telle conception, cachant une volonté de réappropriation des terres de la part de citadins déclassés à cause des programmes d’ajustement structurel et une volonté d’exclusion de la compétition politique de « l’encombrant » opposant Alassane Ouattara, a immanquablement entraîné des violences sociales et politiques et même des massacres comme celui de Yopougon (quartier Nord-Ouest d’Abidjan) le 28 octobre 2000.]


11. La Côte d’Ivoire entre démocratie, nationalisme et ethnonationalisme.

http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/078045.pdf

 

By Jean-Pierre Dozon, in POLITIQUE AFRICAINE, n°78 (juin 2000), pp. 45-62.

 

Presentation

 

Politique Africaine is the best political French review about Africa. It edited two rich dossier about the Côte d’Ivoire crisis in 2000 intituled Côte d’Ivoire, the ethno-nationalist temptation and in 2003 intituled Côte d’Ivoire in war: the inside and outside dynamics.

Jean-Pierre Dozon is directeur de recherches at the Centre d’Etudes Africaines at the Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, in Paris. He’s one of the great africanists and anthropologists in France.

 

Résumé

 

Le renversement du régime de Henri Konan Bédié par les militaires n’a pas évacuée le problème de l’ivoirité, qui plonge ses racines dans la longue durée historique. L’ivoirité est restée au cœur du débat public mais relève d’une configuration d’éléments particulièrement complexes qui va au-delà de la manière dont elle se donne à lire au travers des actuelles tensions politiques et explique, de ce fait, pourquoi elle a survécu au coup d’Etat du général Gueï.

L’élément essentiel mis en avant par le PDCI (surtout à partir de Henri Konan Bédié) et par le FPI (de Laurent Gbagbo) en faveur d’une préférence nationale est la situation économique de crise que traverse la Côte d’Ivoire depuis le milieu des années 80 et qui ne permettrait plus d’accueillir les étrangers dans les mêmes conditions qu’autrefois, à savoir droit d’accéder à la terre, à des emplois publics et de participer aux diverses élections.

L’ivoirité renvoie à la politique d’Houphouët-Boigny qui avait depuis l’indépendance instauré instauré une sorte de souveraineté baoulé au cœur du fonctionnement de l’Etat ivoirien. L’affaire est encore plus ancienne puisqu’elle remonte aux années quarante et à la formation des premiers syndicats et partis politiques, spécialement le PDCI, et où le monde baoulé prit une grande importance  à la mesure de  son implication dans l’arboriculture marchande.

Mais le coup d’Etat a remplacé l’ethnocratie de Konan Bédié par la fracture Nord/Sud. Les gens du Nord ont été désignés au début du XX° siècle Dioula par les Français (sans considérer leur appartenance aux mondes malinké, sénoufo ou autres). Leur émigration vers les plantations du Centre et du Sud a été organisée par le pouvoir colonial. Ainsi la colonisation a totalement créé ex-nihilo une région, le « Nord » sous-développé et une catégorie de population, les « Nordistes », originaires du Nord et immigrés comme main d’œuvre du développement agricole et industriel du Sud.

 

Commentaire

 

Pratiquement sans commentaire tant cet article sait prendre en compte la dimension historique des différents thèmes du conflit et leur lien inextricable.

 

To go into thoroughly the economic roots of the conflict

 

J.P. Chauveau : Question foncière et construction nationale en Côte d’Ivoire. Les enjeux silencieux d’un coup d’Etat, in Politique Africaine, n° 78 (juin 2000), pp. 94-125.

http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/078094.pdf

 

C. Beauchemin : Des villes aux villages : l’essor de l’émigration urbaine en Côte d’Ivoire, in Annales de Géographie, n° 624 (mars-avril 2002), pp. 157-178.

 

J. P. Chauveau & K.S. Bobo : La situation de guerre dans l’arène villageoise. Un exemple dans le Centre-Ouest ivoirien, Politique Africain, n° 89 (mars 2003), pp. 12-32.

http://www.politique-africaine.com/numeros/089_SOM.HTM

 

O. Dembele : Côte d’ivoire : la fracture communautaire, in Politique Africain, n° 89 (mars 2003), pp. 34-48.

http://www.politique-africaine.com/numeros/089_SOM.HTM

 

 

 


III. The economic and neo-colonial roots of the crisis

 

 

 

12. Côte d’Ivoire in the French and Global Capitalist System

http://www.ccsu.edu/afstudy/upd10-4.html

 

By N.T. Assié-Lumumba & T. Lumumba-Kasongo, in AFRICA UPDATE, vol X/4 (Fall 2003)

 

Presentation

 

Africa Update is the quarterly newsletter of the African Studies Program at the Central Connecticut State University. The authors are professors of the Cornell University of New York.

 

Summary

 

As a colonial power, France aimed to exploit the resources of the colonized country solely for its own development. New crops, primarily coffee and cocoa, were introduced. In addition to the transportation of commodities, the transport infrastructure, especially the railroad (from Ouagadougou to Abidjan), served the specific purpose of carrying massive numbers of labourers from the northern part of Côte d’Ivoire and the Sahelian regions to plantation owned by the French Colonial administration and the French settlers. Large commercial farms were established by the French to grow cocoa, coffee, rubber, pineapple, banana, oil palm and coconut, in a word cash crops, in the humid and most fertile section of the country.

The roots of neo-colonial control and domination grew deeper and explain largely the current conflict. The real determinants of the conflict was neo-colonial control of the Ivorian economy on two fronts: the land/production issue and the control over commodities including those produced by Ivorians for profit on the international market since deregulation neo-liberal policies were implemented.

The strategy of development was based on priority accorded to the production of the raw commodities for exportation and had, in the long-term, negative impacts on some of the factors of this colonially designed and dependent economy. The second aspect is the rush to acquire and maintain control over the hitherto state-owned agencies which followed the imposed privatisation programs. The French companies have not been willing to see non-French competitors in their territory. The struggle for political leadership is directly related to the actual or perceived protection of French control that the different Ivory leaders can offer to continue privatisation and preferential treatment of the French even when Côte d’Ivoire could gain by considering other offers.

On the agricultural front, two dimensions should be examined: the search for maximum profit over the commercialisation of the current major crops, especially cocoa, amidst the new trade agreement of the globalized economy; and the old class of French landlords who acquired large portions of the land in the southern part of the country often in obscure contexts.

It’s worth recalling that the process of formation of the contemporary popular movements and their transformation into political parties, some of which are still key players in Ivorian politics, started with the protest of Ivorian farmers against the colonial policy of setting a lower price for the Ivorian-produced commodities, regardless of quality. Control over prices and profit continues to be the centre of the conflicts.

There has been a rush to acquire and control the hitherto state-owned agencies that, in the context of the IMF/World Bank Structural Adjustment Programs (the SAPs) have been privatised and that have been literally up for grabs for those who buy the shares. A few French companies, such as Bouygues and Bolloré have had the lion’s share that they are not willing to concede to other companies when contracts come up for renewal. It’s in their vital interest to have Ivorian authorities that are willing to facilitate their control and profits. The French Michel Camdessus was the president of the IMF during the last term, when Alassane Ouattara was vice-president of the IMF, is currently serving as adviser to Jacques Chirac. Of the members of the political parties and groups in Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, an unabashed advocate of the IMF policies and an ideologue of the theology of neo-liberalism, and his current wife, a French businesswoman solidly connected with business lobbies, offer the best guarantee to satisfy the conditions for security and profit for the French government, corporations, settlers, and small-enterprise owners who can have a lifestyle of comfort they cannot afford or even imagine to have in France.

While Alassane Ouattara was Prime Minister, several aspects of the SAP’s were applied and there was prelude to the Bédié/Ouattara struggle.

 

[Comme pouvoir colonial, la France avait l’intention d’exploiter les ressources du pays colonisé uniquement pour son propre intérêt. De nouvelles cultures furent introduites, principalement le café et le cacao. En plus du transport des marchandises, le chemin de fer (de Ouagadougou à Abidjan), servait aussi à transporter un très grand nombre de travailleurs agricoles depuis le Nord de la Côte d’Ivoire et les régions sahéliennes jusqu’aux plantations possédées par l’administration coloniale française et les colons français. De grandes fermes commerciales furent établies par les Français pour cultiver le cacao, le café, le caoutchouc, l’ananas, la banane, l’huile de palme et les noix de coco, en un mot des cultures d’exportation, dans la partie humide et la plus fertile du pays.

Les racines du contrôle et de la domination néo-coloniaux sont anciennes et expliquent largement le conflit actuel. Les raisons réelles du conflit sont le contrôle néo-colonial de l’économie ivoirienne et ce à deux niveaux : le problème de la terre et de son exploitation et le contrôle sur les marchandises y compris celles produites par les Ivoiriens au bénéfice du marché international depuis que les mesures de dérégulation néo-libérales furent mises en œuvre.

La stratégie de développement était basée sur la priorité accordée à la production de matières premières d’exportation, et eut, à long terme, un impact négatif sur de nombreux secteurs de cette économie coloniale et dépendante. Le second aspect fut l’acquisition rapide et le maintien du contrôle sur les services de l’Etat qui poursuivaient les programmes de privatisations imposées. Les compagnies françaises n’ont pas accepté facilement de voir des concurrents étrangers sur leur territoire. La lutte pour le pouvoir politique est directement lié à la protection de cette emprise française que les différents leaders politiques ivoiriens peuvent assurer et à la poursuite du traitement de faveur dont bénéficient les compagnies françaises lors des privatisations et ce, alors même que la Côte d’Ivoire aurait tout à gagner à prendre en considération les autres offres.

Dans le domaine agricole, deux dimensions peuvent être analysées : la recherche du profit maximum dans la commercialisation des principales cultures, en particulier le cacao, dans le contexte des nouveaux accords commerciaux de l’économie globalisée ; et la vieille classe de seigneurs français qui acquirent de grands domaines dans le Sud du pays, le plus souvent dans d’obscures conditions.

Il est important de rappeler que le processus de formation des mouvements populaires contemporains et de leur transformation en partis politiques, dont certains continuent de jouer un rôle politique actuellement, commença par l’opposition des agriculteurs ivoiriens face à la politique coloniale de fixation de bas prix aux marchandises de production ivoirienne. Le contrôle sur les prix et les profits continuent d’être au centre des conflits actuels.

Il y a eu un rapide contrôle des services de l’Etat qui, dans le contexte des programmes d’ajustement structurel (PAS) du FMI et de la Banque Mondiale, ont été privatisés et dont les actions ont été littéralement arrachées par cequx qui les ont achetées. Un petit groupes de compagnies françaises, comme Bouygues et Bolloré, ont obtenu la part du lion et n’est pas prêt de la concéder à d’autres compagnies au moment des échéances de contrat. Il est dans leur intérêt vital de s’assurer que les autorités ivoiriennes continueront à leur faciliter contrôle et profit. Le Français Michel Camdessus qui fut le dernier Président du FMI, au moment où Alassane Ouattara en était le Vice-Président, sert aujourd’hui de conseillé à Jacques Chirac. Parmi les membres éminents des partis politiques ivoiriens, Alassane Ouattara, un imbattable avocat des politiques du FMI et un idéologue de la théologie du néo-libéralisme, dont la femme, une femme d’affaires française solidement connectée aux milieux d’affaires, offre la meilleure garantie de satisfaire les conditions de sécurité et de profit pour le gouvernement français, les compagnies françaises, les colons et les propriétaires de petites entreprises qui bénéficient d’un niveau de vie qu’ils ne pourraient même pas imaginer en France.

Quand Alassane Ouattara était Premier Ministre (entre 1990 et 1993) de nombreux aspects des programmes d’ajustement structurel furent appliqués et ce fut à ce moment que la lutte entre Bédié et Ouattara commença.]

 

Commentary

 

This text is one of the few English text on line which deal with the issue of the French neo-colonialism. It’s a very serious article written by two academics. It enables us to consider the importance of the colonization in the construction of present Côte d’Ivoire. Indeed, the base of the Ivorian economy, the farming and the export of cocoa has been set up by the colonial French power, public and private, and has been reinforced after the second World War by the vast plan of cut-out and specialization of colonial territories.

It’s actually in this political context that French have forced many people to emigrate to act as labourers. We can regret that the article doesn’t develop enough this aspect of colonial French policy which is at the source of the present problems of xenophobia connected with farming of soils in the Centre and the South of Côte d’Ivoire.

The problem of neo-colonialism must be thought to understand what happens at the moment in Côte d’Ivoire. This subject was very present, more particularly in the Marxist thought during the post-colonial period (“tiers-mondisme”). During the eighties and nineties characterised by the neo-liberal reaction, the subject had been so underestimated that it was given up. Today, we can notice its revival and we must admit that the arguments of both authors are convincing even if we would have liked more facts and more examples to reinforce the demonstration.

We don’t see exactly the connection between neo-colonial practises and structural adjustment programmes set up by the IMF, with the exception of manifest advantages for French companies. Nevertheless, this connection is real if we consider it in the global context of European and American neo-liberal policies and particularly French policies from the middle of eighties.

 

[Ce texte est l’un des rare sur le Web a aborder ce sujet et présente en outre l’avantage d’être écrit par deux universitaires. Il permet de mesurer à quel point la colonisation a été fondamentale dans la construction de la Côte d’Ivoire contemporaine. En effet, la base de l’économie de ce pays, la culture et l’exportation du cacao, a non seulement été mise en place par le pouvoir colonial (public et privée) français mais a été consolidée après la seconde guerre mondiale dans le vaste plan de spécialisation des territoires coloniaux.

C’est justement dans le cadre cette politique que les Français furent les premiers à déplacer, en grande partie de force, de grandes quantités de populations pour servir de main d’œuvre dans les plantations. Il est regrettable que l’article ne développe pas suffisamment cet aspect de la politique coloniale française, à l’origine des problèmes de xénophobie actuels liés à l’exploitation de la terre dans le Centre et le Sud de la Côte d’Ivoire.

Reste le problème épineux de la néo-colonisation. Le thème était très présent dans les années d’après les indépendances à la faveur du tiers-mondisme (très majoritairement marxiste). Dans les années de la réaction néo-libérale des années 80 et 90, le thème avait été tellement décrié qu’il avait été abandonné. Aujourd’hui, on assiste à sa résurgence et on doit reconnaître que les arguments des deux auteurs sont convaincants même si on aurait aimé des faits supplémentaires pour conforter la démonstration.

On ne perçoit pas parfaitement le lien entre les pratiques néo-coloniales et les programmes d’ajustement structurel du FMI, sauf en terme d’opportunité de la part des compagnies françaises. Pourtant, ce lien existe si on le replace dans le contexte plus général des politiques néo-libérales américaines et européennes, en particulier françaises à partir du milieu des années 80.]

 

Other source

 

Stephen Smith : La politique d’engagement de la France à l’épreuve de la Côte d’Ivoire, in Politique Africaine, n°89, mars 2003, pp. 112-126.

http://www.politique-africaine.com

 

Gary K. Busch : The French-Sponsored Coup in the Ivory Coast (March 15, 2005).

Gary K. Busch : The French and the Ivory Coast Peace Process (January 07, 2005).

http://www.francewatcher.org/2005/03/emerging_detail.html#more

 

The articles of G.K. Busch are very polemist and are near the Survie organization of François-Xavier Verschave, the best hunter of the “Françafrique”, the political and financial network which organizes the French neo-colonialism in Africa.

 

Eric Engle : The EU and the ACP: Inter imperialist Rivalry and Neo-colonialism.

http://lexnet.bravepages.com/imperial.htlm

 


13. Variable Dimension Adjustment in the Côte d’Ivoire: Reasons for Failure

http://www.roape.org/cgi-bin/roape/show/show6302.html

 

By François Régis Mahieu, in REVIEW OF AFRICAN POLITICAL ECONOMY, vol. 22, n° 63 (March 1995), pp. 9-26.

 

Presentation

 

The Review of African Political Economy is a leading left journal on Africa examining: the politics of imperialism; development; agrarian, popular and democratic struggles; class, gender and social justice.

 

Summary

 

The Côte d’Ivoire has experienced a rapid succession of development models and policies. In the first twenty years after independence, indigenous planning experts designed and implemented large “agribusiness” and then “integrated development” projects. By the end of this period, the sanctions imposed by international markets had transformed these grandiose projects into financial black holes. In the 1980s pressure from international authorities imposed, successively, global economic adjustment (disinflation), sector adjustments (competitive) and the social dimensions of adjustment (anti-poverty). However, deflation of public spending and disinflation with competitive and social objectives proved incapable of restraining financial deficits whilst simultaneously causing a deterioration of human development indicators. The 1990s confirmed the Côte d’Ivoire’s leading position in development “technology”, in particular the national approach to programmes (demand led). Prime Minister Ouattara’s medium term economic programme and “national approach to programmes”, adopted by government in 1993, established the basis for a new form of planning. Finally, in 1994, the Côte d’Ivoire discovered the practical consequences of monetarism in an open economy. The devaluation on 11 January gave it access to large loans and gave hopes of further improvements in competitively.

 

[La Côte d’Ivoire a expérimenté une rapide succession  de politiques et de modèles de développement. Durant la première vingtaine d’années qui a suivi l’indépendance, les experts économiques ivoiriens conçurent et initièrent une large « agro-business » et ensuite des projets de « développement intégré ». A partir de la fin de cette période, les sanctions imposées par les marchés internationaux ont transformé ces grandioses projets en des trous noirs financiers. Dans les années 80, la pression de la part des autorités internationales imposa, successivement, un ajustement économique global (désinflation), des ajustements sectoriels (compétition) et des dimensions sociales de l’ajustement (anti-pauvreté). Cependant, la déflation des dépenses publiques et la désinflation avec des objectifs compétitifs et sociaux prouvèrent une incapacité de restreindre les déficits financiers en causant simultanément une détérioration des indicateurs de développement humain. Les années 1990 confirmèrent une bonne position de la Côte d’Ivoire dans le développement « technologique », en particulier l’approche nationale des programmes. Le programme économique du Premier Ministre Ouattara et « l’approche nationale des programmes », adoptés par le gouvernement en 1993, établirent les bases pour une nouvelle forme de planification. Finalement, en 1994, la Côte d’Ivoire découvrit les conséquences pratiques du monétarisme dans une économie ouverte. La dévaluation du 11 janvier 1994 lui donna accès à de gros emprunts et permit quelques espoirs d’amélioration de la compétitivité.]

 

Commentary

 

This article is a little old. It has been written in 1995. Paradoxically, it enables us to assess the progressive deterioration of Ivorian economy from the fall of the cocoa prices and the first structural adjustments. It’s interesting to notice that in 1995, the word used for neo-liberalism was monetarism. But what is important to understand the present situation is that structural adjustment programmes set up by the IMF and put into effect by Alassane Ouattara have totally disorganization not only the Ivorian State but the whole national economy too. The devaluation of the CFA franc of which we don’t talk enough has reduced to half the purchase power of the population, exacerbating the competitions within it. Competition which led to violence and xenophobia. We usually talk of the poorness as a decisive factor in the Ivorian crisis but we forget to mention that this poorness has a history and that it has not always been existing or that it has not always played a political role. The transformation of an economy which was indeed state-controlled and neo-colonial but in a large part still traditional and based on principles of socio-professional status and of age classes into a neo-liberal economy has favoured the emergence of social classes based on the principles of richness and occidental way of life. This competition for money and modernity is at the source of the collapse of respect and solidarity values which kept all the social edifice through weakly productive economies. It’s not really surprising that this very fast economical and social transformation in Côte d’Ivoire led to a civil war.

 

[Cet article est ancien, il date de 1995. Paradoxalement, il nous permet de nous rendre compte de la dégradation progressive de l’économie ivoirienne à partir de la crise des cours du cacao et des premiers ajustements structurels. Il est intéressant de noter qu’en 1995, avant la naissance de l’altermondialisme, on parlait de monétarisme au lieu de néo-libéralisme. Mais ce qui est important de retenir pour comprendre la situation actuelle, c’est que les programmes d’ajustements structurels initiés par le FMI, relayé en Côte d’Ivoire par Alassane Ouattara, ont désorganisé totalement non seulement l’Etat ivoirien mais aussi toute l’économie du pays. La dévaluation du franc CFA, dont on ne parle pas suffisamment, a divisé par deux le niveau de vie de la grande majorité de la population, tout en favorisant une extrême compétition entre les personnes, prélude aux radicalisations xénophobes et violentes. On parle aujourd’hui de la pauvreté comme facteur capital dans la crise ivoirienne mais on oublie que cette pauvreté a une histoire et qu’elle n’a pas toujours existé, ou du moins qu’elle pas toujours joué un rôle politique. La transformation d’une économie, certes étatique et néo-coloniale, mais aussi en grande partie encore traditionnelle fondée sur des positions de statuts socioprofessionnels et de classes d’âge, en une économie néo-libérale a favorisé la création de véritables classes sociales fondées sur la richesse et les standards de vie occidentaux. Cette compétition au nom l’argent et la modernité est à l’origine dans toute l’Afrique de l’effondrement des valeurs de respect et de solidarité qui tenaient tout l’édifice social dans des économies peu productives. Il n’est pas étonnant que cette transformation économique et sociale de la Côte d’ivoire durant une génération ait entraîné une guerre civile.]

 

 

To go into thoroughly the economic roots of the conflict

 

14. On the Web, you have to read the Ivorian economy article of the Wikipedia encyclopedia (http://en.wikipedia.org/wiki/Economy_of_C%F4te_d%éèIvoire#Foreign_Direct_Investment_Statistics) who show the French position in the Ivorian economy and despite the GDP growth the poverty is increased. Growth is not development.

 

Dwayne Woods : The tragedy of the cocoa pod: rent-seeking, land and ethnic conflict in Ivory Coast, in Journal of Modern African Studies, 41/4 (2003), pp. 641-655.

 

Denis Cogneau & Sandrine Mesplé-Somps : Les illusions perdues de l’économie ivoirienne et la crise politique, in Afrique Contemporaine, n°207 (été 2003), pp. 87-104.

 

M. Grimm : A Decomposition of Inequality and Poverty Changes in the Context of Macroeconomic Adjustment. A Microsimulation Study fo Côte d’Ivoire, in A.F. Shorrocks & R. van der Hoeven (eds.), Growth, Inequality and Poverty, Oxford, O.U.P., 2003.

 

M. Grimm, M.C. Guénard & S. Mesplé-Somps: What has happened to the Urban Population in Côte d’Ivoire since the 1980s ? An Analysis of Monetary Poverty and Deprivation over 15 years of household data, in World Development, vol. 30/6, pp. 1073-1095.

 

Bruno Losch: A la recherché du chaînon manquant. Pour une lecture renouvelée de l’économie de plantation ivoirienne, in B. Contamin & H. Memel-Fotê (dir.), Le modèle ivoirien en questions, Paris, Karthala & ORSTOM, 1997, pp. 205-230.

 

Bonnie Campbell : Le modèle ivoirien de développement à l’épreuve de la crise, in in B. Contamin & H. Memel-Fotê (dir.), Le modèle ivoirien en questions, Paris, Karthala & ORSTOM, 1997, pp. 37-60.

 


CONCLUSION

 

 

 

This Web review don’t claim purpose a definitive explanation of the Ivorian crisis, or take a stand in favour of a solution but search only to emphasize the extreme complexity of this conflict and to denounce how the occidental medias deal with this problem.

 

We can see that a explanation, justified by an opposition between ethnic, religious or regional groups, is widely inadequate. This opposition, very more complex and mobilizing varied forces, requires for its explanation an analysis taking into account diverse levels of explanation notably political, socio-anthropological, economical, geo-political and finally historical.

 

 

[Cette Web Review ne prétend pas proposer une explication définitive de la crise ivoirienne, ni prendre position en faveur d’une solution ou d’une autre mais cherche seulement à souligner l’extrême complexité de ce conflit et à dénoncer, par la même, la légèreté avec laquelle les médias occidentaux traitent ce problème.

           

Nous pouvons voir qu’une explication fondée sur une opposition bipartite entre groupes ethniques, religieux ou régionaux est largement insuffisante. Cette opposition, infiniment plus complexe et mobilisant diverses forces, requière pour son explication une analyse prenant en compte divers niveaux d’explications notamment politiques, socio-anthropologiques, économiques, géopolitiques et enfin historiques.]