Bolivia : Who is Evo Morales ? By Alejandro Rodriguez En avril 2000, les “Eaux de Tanari”, une importante compagnie multinationale, fut obligée de reprendre les travaux de privatisation de l’eau à Cochabamba. Les prix de l’eau étaient en augmentation et des lois étaient votées pour rendre illégal la récupération et l’utilisation des eaux de pluie. L’eau serait devenue hors de portée de la majorité des habitants dont 65% d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté. De nombreuses manifestations éclatèrent, les routes furent bloquées et les manifestants affrontèrent la police et l’armée jusqu’à ce que le gouvernement céda. La « grande braderie » (de l’eau) était vaincue. Evo Morales, du Mouvement pour le Socialisme (MAS), était un des leaders de cette fronde. Morales a aussi conduit la bataille des paysans contre les groupes de pression américains pour l’éradication de la coca et il est un éminent leader de la cause des indigènes Quechua. Morales gagna une surprenante seconde place à l’élection présidentielle du 30 juin (2002). Longtemps avant que la coca fût utilisée pour fabriquer la cocaïne, les indigènes de la région andine, les Aymara et les Quechua, mastiquaient les feuilles de coca comme supplément diététique/nutritif. La consommation des feuilles de coca et de son thé fait partie du quotidien des paysans, des mineurs et des ouvriers boliviens. Le « plan de dignité » conduit par les USA qui vise à réduire à zéro la production de coca, est perçu comme une atteinte aux plaisirs des paysans et au mode de vie du peuple indigène. Ce plan financé par les USA implique des conseillers militaires américains dans le commandement des soldats boliviens pour attaquer, tuer et déloger les paysans avec des armes américaines. Ceci a conduit à la résistance des paysans et à l’émergence de plusieurs groupes d’autodéfense. En 2001, pour la première fois depuis le début de l’éradication de la coca, plus de policiers et de soldats que de paysans furent tués. Morales a publiquement déclaré qu’il ne défendait pas que le droit à l’autodéfense des paysans mais qu’il participait aussi à l’organisation de ces comités d’autodéfense avec l’ambition de former une armée du peuple. Depuis début 2001, Morales et le MAS ont battu campagne à travers la Bolivie jusqu’à l’élection présidentiel du 30 juin (2002). La plateforme du Mas incluait : la nationalisation des industries stratégiques, des réductions de prix et un gel de prix sur les marchandises courantes, une mesure sur les services de base pour tous, la défense d’une santé publique et d’une éducation libres, l’augmentation des impôts pour les riches, l’arrêt de la corruption, la redistribution des terres à ceux qui la travaillent, un nouvel appareil politique, l’arrêt des politiques économiques néolibérales et l’opposition à la « flexibilité » du travail. Début août (2002), le Congrès bolivien devra choisir qui de Morales ou de son opposant à l’investiture, Gonzalo Sanchez de Lozada du Mouvement national révolutionnaire, sera le nouveau président du pays.
Le MAS dispose de seulement 8 sénateurs sur 27 membres au Sénat et de 27 députés sur les 130 membres de la Chambre des lois. Morales a dit que si les autres partis veulent voter pour lui, c’était bien mais qu’il ne ferait aucun deal. Il préfère être dans l’opposition que dans une coalition de partis corrompus. Lorsque Green Left Weekly a demandé à Morales en début d’année si les membres du MAS au parlement ne risquaient pas de devenir plus tard aussi corrompus que beaucoup d’autres candidats de gauche en Amérique Latine, il a répondu que comme ils ont été élus par leurs communautés locales en leaders, ils auront à répondre devant des communautés très organisées et en colère s’ils devaient trahir. Morales a déclaré que si les demandes des militants du MAS n’étaient pas sérieusement prises en compte par le prochain président et le prochain parlement, alors elles seront satisfaites dans la rue. Cependant, le MAS veut épuiser toutes les méthodes pacifiques avant de recourir à des actions massives. Green Left Weekly, July 24, 2002
|